Pourquoi ai-je peur de faire une nouvelle crise d’angoisse ?
« Et si ça recommence ? »
La crise est terminée. Votre cœur a retrouvé son rythme, votre respiration est redevenue normale, et cette sensation de danger qui semblait si réelle quelques minutes auparavant s’est éloignée.
Et pourtant, quelque chose reste. Une petite question s’est installée : « Et si ça recommence ? »
Alors vous commencez peut-être à surveiller. Votre cœur. Votre respiration. Cette drôle de sensation dans le ventre, un léger vertige, une impression de chaleur.
Vous vous demandez si vous allez réussir à prendre l’autoroute, aller au restaurant, faire vos courses, rester seul, prendre le train ou simplement vous coucher tranquillement. Parce que maintenant, vous savez ce qu’est une crise d’angoisse, et vous n’avez surtout pas envie d’en revivre une.
Parfois, après avoir eu peur pendant la crise, on commence à avoir peur de la prochaine. C’est ce qu’on appelle la peur d’avoir peur. Et cette peur peut progressivement prendre beaucoup plus de place qu’on ne l’imagine.
Pourquoi ai-je peur que ma crise d’angoisse recommence ?
Cette réaction n’a rien d’incompréhensible. Une attaque de panique peut provoquer une peur brutale et très intense, accompagnée de manifestations physiques : palpitations, gêne respiratoire, vertiges, nausées, tremblements, sensation d’étouffement… Après une expérience aussi désagréable, il est possible de commencer à craindre qu’elle se reproduise.
Si vous vous demandez déjà pourquoi votre corps déclenche ces réactions, je vous invite à lire Pourquoi je fais des angoisses ? avant de poursuivre : c’est le point de départ pour comprendre pourquoi l’alarme sonne.
Qu’est-ce que l’anxiété anticipatoire ?
Lorsque les attaques se répètent et qu’une peur persistante d’en vivre une nouvelle s’installe, les professionnels parlent notamment d’anxiété anticipatoire. Dans le trouble panique, cette crainte de la prochaine attaque peut entraîner des changements de comportement et des conduites d’évitement.
Mais dans la vraie vie, on ne dit généralement pas « Je souffre d’anxiété anticipatoire ». On dit plutôt :
- « Je ne veux plus reprendre l’autoroute toute seule. »
- « Je préfère m’asseoir près de la sortie. »
- « Je prends toujours une bouteille d’eau au cas où. »
- « Je vérifie constamment mon rythme cardiaque. »
- « Je ne veux plus aller dans cet endroit parce que ma dernière crise a commencé là-bas. »
Et c’est ainsi que, sans vraiment s’en rendre compte, on commence à organiser son quotidien autour d’une seule préoccupation : éviter que ça recommence.
Quand la peur de la prochaine crise devient elle-même une alarme
Imaginez que vous ayez fait une crise d’angoisse dans un magasin. Quelques jours plus tard, vous devez retourner faire des courses. Avant même d’entrer, une pensée arrive : « Pourvu que je ne refasse pas une crise… »
Vous commencez alors à observer votre corps. « Mon cœur bat un peu vite. » Vous l’observez davantage. « Pourquoi est-ce que j’ai chaud ? » Votre attention se resserre encore. « Ça y est… ça recommence. »
La sensation vous inquiète, l’inquiétude augmente, et votre corps réagit à cette inquiétude. Vous ressentez alors encore davantage votre cœur, votre respiration ou vos jambes. Cela vous confirme que vous aviez raison d’avoir peur. La boucle peut commencer ainsi.
Les troubles anxieux s’accompagnent en effet souvent d’une vigilance importante envers les situations et les sensations redoutées, ainsi que de comportements destinés à les éviter ou à se rassurer.
Et c’est là qu’il y a quelque chose de très important à comprendre : vous n’avez peut-être plus seulement peur de la situation. Vous pouvez commencer à avoir peur de ce que vous pourriez ressentir dans cette situation.
« Pourtant, je sais que ce n’est qu’une crise d’angoisse »
Voilà le paradoxe. Vous pouvez parfaitement savoir que vous êtes en sécurité. Vous pouvez même vous répéter : « Calme-toi. Tu sais très bien ce que c’est. » Et sentir malgré tout votre corps se mettre en alerte.
C’est une phrase que j’entends régulièrement dans mes accompagnements : « Je sais… mais je n’arrive pas à contrôler. »
J’aimerais m’arrêter sur ce mot : contrôler. À force de vouloir contrôler chaque sensation pour empêcher la prochaine crise, on peut passer énormément de temps à vérifier qu’elle n’est pas en train d’arriver. Or plus vous surveillez votre corps, plus vous remarquez ce qui s’y passe. Un cœur qui accélère légèrement, un changement de respiration ou une sensation de chaleur peuvent alors devenir très inquiétants.
C’est pourquoi mon objectif n’est pas de vous apprendre à « contrôler votre corps ». Je préfère vous aider à modifier la relation que vous entretenez avec ce qui s’y passe.
Quand toute la vie commence à s’organiser autour de l’angoisse
C’est probablement le point auquel je suis la plus attentive, parce qu’au départ, les changements peuvent sembler anodins.
Vous ne prenez plus l’autoroute ? Ce n’est pas grave, vous prenez les petites routes. Vous évitez le centre commercial le samedi ? Finalement, c’est plus tranquille en semaine. Vous ne partez plus trop loin seul ? Après tout, c’est plus agréable accompagné. Vous choisissez toujours une place près de la sortie ? Juste au cas où.
Pris séparément, chacun de ces comportements peut sembler sans importance. Mais lorsqu’ils s’accumulent, votre monde peut commencer à rétrécir. L’évitement est bien décrit dans le trouble panique et peut, chez certaines personnes, aller jusqu’à une agoraphobie qui modifie fortement le quotidien.
Voilà pourquoi cette phrase me semble importante : parfois, ce n’est plus seulement la crise d’angoisse qui fait souffrir. C’est toute la vie que l’on commence à organiser pour qu’elle ne revienne jamais.
Comment sortir de la peur d’avoir peur ?
C’est ici que ma méthode ECAA prend tout son sens : Écouter. Comprendre. Accepter. Agir. Pas quatre cases à cocher, plutôt quatre étapes pour retrouver progressivement une autre relation avec ses réactions.
Écouter : qu’est-ce qui se passe réellement ?
Pas ce que vous craignez qu’il arrive, mais ce qui se passe maintenant. Qu’est-ce que je ressens ? Qu’est-ce que je pense ? Qu’est-ce que je suis en train d’anticiper ? Qu’est-ce que j’essaie absolument d’éviter ?
Il y a une grande différence entre « Je vais faire une crise » et « J’ai peur de faire une crise ». Dans la première phrase, la catastrophe semble déjà en train d’arriver. Dans la seconde, vous revenez à ce qui existe réellement dans le présent : une peur. Et une peur, ça se travaille.
Comprendre : repérer la boucle
Nous cherchons ensuite à comprendre votre propre fonctionnement. Quelles situations déclenchent cette peur ? Quelles sensations vous inquiètent particulièrement ? Qu’avez-vous commencé à éviter ? Qu’est-ce qui vous rassure sur le moment, mais vous empêche peut-être de retrouver votre liberté ensuite ?
L’objectif n’est pas de chercher une cause extraordinaire derrière chaque crise, mais de comprendre votre mécanisme. Ce qui ressemble au départ à « Mon corps fait n’importe quoi » peut devenir « Je commence à comprendre ce qui se passe ». Et rien que cela change déjà la manière de vivre la réaction.
Accepter : arrêter de combattre chaque sensation
Accepter ne signifie pas se résigner. C’est pouvoir sentir son cœur battre un peu plus vite sans conclure immédiatement : « Ça y est. » C’est remarquer une sensation sans devoir absolument la supprimer.
C’est pouvoir se dire : « Je ressens quelque chose de désagréable, mais je n’ai pas besoin de déclencher toutes mes alarmes. » On ne cherche plus à obtenir un corps qui ne ressent jamais rien. On cherche à retrouver un corps que l’on ne craint plus en permanence.
Agir : reprendre de la liberté
C’est probablement l’étape la plus importante. Car l’objectif n’est pas simplement « Je veux ne plus avoir d’angoisse ». Il peut devenir : « Je veux recommencer à vivre sans décider en permanence en fonction de mon angoisse. »
Reprendre cette route. Retourner dans ce magasin. Dormir seul.e. Accepter une invitation. Partir en week-end.
Selon les situations, la prise en charge du trouble panique peut comporter un travail progressif sur les situations redoutées afin de diminuer les conduites d’évitement, et les techniques psycho-corporelles font partie des traitements reconnus.
Dans mon accompagnement, j’utilise différents outils selon la personne et ses besoins : la sophrologie, l’EFT (emotional freedom technique) et l’IMA (intégration aux mouvements alternatifs), une approche basée sur l’EMDR. Mon objectif n’est pas de vous promettre que vous ne ressentirez plus jamais une accélération du cœur ou une montée d’émotion, mais de travailler avec vous pour que ces sensations ne décident plus systématiquement à votre place.
Quand consulter un médecin ?
Si vous vivez votre première crise, si vos symptômes sont inhabituels (douleur dans la poitrine, malaise qui dure, essoufflement inexpliqué) ou si votre quotidien est fortement limité, parlez-en d’abord à votre médecin, qui pourra écarter une cause physique et vous orienter. Mon accompagnement ne remplace pas un avis médical, ni une prise en charge psychologique ou psychiatrique lorsqu’elle est nécessaire : il peut la compléter.
Et si votre véritable objectif n’était pas « ne plus jamais avoir peur » ?
C’est peut-être la question que j’aimerais vous laisser aujourd’hui. On peut passer énormément d’énergie à attendre le jour où l’on sera certain de ne plus jamais avoir peur.
Mais si votre objectif devenait plutôt : « Même si une sensation apparaît, je sais davantage ce qui se passe et je peux continuer à vivre », alors quelque chose change. Vous ne cherchez plus la garantie absolue qu’aucune crise ne reviendra. Vous retrouvez confiance dans votre capacité à traverser ce qui se passe.
Et progressivement, la question « Et si ça recommence ? » peut prendre moins de place, pour laisser revenir une question beaucoup plus intéressante :
« Qu’est-ce que j’ai envie de faire de ma vie maintenant ? »
Vous vous reconnaissez ?
Si vous avez déjà beaucoup compris avec votre tête mais que votre corps continue à déclencher l’alarme, c’est précisément le type de situation que j’accompagne.
Je suis Aude Jeanne, sophrologue et créatrice de la méthode ECAA : Écouter, Comprendre, Accepter, Agir. J’accompagne notamment les personnes confrontées aux angoisses, à l’anxiété, aux traumatismes et aux réactions émotionnelles persistantes.
Vous pouvez aussi découvrir mon approche dans mon livre, mon podcast La Voix du Corps et mon coffret audio.
Avant de chercher à faire taire l’alarme, il peut être utile de comprendre pourquoi elle sonne. Et pour cela, commencez par Pourquoi je fais des angoisses ?.
Je vous accueille à mon cabinet de Warhem, entre Dunkerque et Hazebrouck, et j’accompagne également en visioconférence partout en France et à l’étranger, notamment les personnes expatriées.
Prendre rendez-vous ou me poser une question avant de vous décider.
Le corps n’oublie rien, il raconte.
