Octobre arrive et, avec lui, le rose s’installe un peu partout.
Des rubans roses. Des événements. Des campagnes de sensibilisation. Des témoignages.
Et c’est essentiel.
Octobre Rose permet chaque année de rappeler l’importance du dépistage du cancer du sein.
Mais aujourd’hui, j’aimerais parler d’autre chose.
De ce qui se passe à l’intérieur.
Parce qu’entre l’annonce d’un cancer du sein, les examens, les traitements, l’attente, la guérison et l’après-cancer, il y a aussi une femme qui continue à vivre.
Avec son corps.
Avec ses pensées.
Avec ses émotions.
Et parfois avec cette impression que tout le monde regarde la maladie pendant qu’elle essaie, elle, de comprendre ce qui vient de lui arriver.
Après l’annonce d’un cancer, il n’y a pas de « bonne » façon de réagir
Il y a parfois la peur.
La colère.
L’injustice.
La tristesse.
L’incompréhension.
Mais il peut aussi y avoir de la sidération.
Ou presque rien.
Certaines femmes pleurent immédiatement.
D’autres passent en mode action :
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Quel traitement ? Quand ? Où ? »
Elles organisent, prennent les rendez-vous, préviennent leurs proches, continuent parfois à s’occuper de tout le monde.
Et les émotions arriveront peut-être plus tard.
Ou autrement.
Il n’existe pas une manière correcte de vivre l’annonce d’un cancer.
Il existe votre manière de la traverser.
Pendant les traitements, le corps devient parfois un corps que l’on ne reconnaît plus
Le cancer du sein ne touche pas seulement un organe.
Il peut bouleverser la relation que l’on entretient avec son propre corps.
Ce corps que l’on connaissait.
Ce corps auquel on ne pensait peut-être même pas tellement auparavant.
Et qui devient soudain le centre de toutes les attentions.
On l’examine.
On le pique.
On l’opère parfois.
On le traite.
On le surveille.
Il peut changer.
Et au milieu de tout cela, il faut continuer à habiter ce corps.
C’est aussi pour cela que l’accompagnement émotionnel peut avoir sa place pendant le parcours de soins, en complément de la prise en charge médicale.
Pas pour faire disparaître toutes les émotions.
Mais pour avoir un endroit où les déposer.
Pour respirer.
Pour retrouver des ressources.
Pour pouvoir parfois simplement dire :
« Aujourd’hui, j’ai peur. »
Sans devoir immédiatement être forte.
Et puis il y a l’après…
On pourrait imaginer que lorsque les traitements s’arrêtent, tout s’arrête avec eux.
Enfin.
Le soulagement.
Le retour à la vie d’avant.
Mais pour certaines femmes, ce n’est pas aussi simple.
Parce qu’après avoir passé des mois entourée de rendez-vous, d’examens et de soignants, une nouvelle période commence.
Et une petite phrase peut apparaître :
« Et si ça revenait ? »
Un contrôle approche.
Une douleur inhabituelle apparaît.
Une fatigue s’installe.
Une sensation nouvelle dans le corps.
Et l’esprit peut immédiatement repartir vers le scénario que l’on redoute le plus.
La récidive.
« Tout va bien… alors pourquoi ai-je encore peur ? »
Cette question est importante.
Parce qu’elle ressemble énormément à ce que j’entends dans d’autres formes d’angoisse :
« Je sais que tout va bien. Mais mon corps réagit quand même. »
Après avoir traversé une maladie grave, retrouver confiance en son corps peut prendre du temps.
Ce corps qui était auparavant un compagnon silencieux a parfois été associé pendant des mois à la maladie, aux examens, aux traitements, à l’incertitude.
Alors une sensation corporelle peut prendre une signification qu’elle n’avait pas autrefois.
Une douleur n’est plus simplement une douleur.
Elle peut devenir :
« Et si… ? »
Une fatigue n’est plus forcément juste une mauvaise nuit.
Elle peut réveiller une inquiétude.
Et voilà pourquoi dire simplement :
« Mais ne t’inquiète pas, tout va bien maintenant »
ne suffit pas toujours.
La tête peut l’entendre.
Le corps, lui, peut avoir besoin de davantage de temps pour retrouver un sentiment de sécurité.
Retrouver confiance en son corps ne signifie pas oublier
Cette distinction est essentielle.
L’objectif n’est pas de faire comme si rien ne s’était passé.
Il s’est passé quelque chose.
Et parfois quelque chose d’immense.
Il ne s’agit pas non plus de promettre de ne plus jamais avoir peur.
Un contrôle médical pourra toujours réveiller une émotion.
Une date anniversaire aussi.
Une personne rencontrée pendant les traitements.
Une odeur.
Un lieu.
Une cicatrice regardée dans le miroir.
Avancer ne signifie pas effacer.
Cela peut signifier parvenir progressivement à regarder ce qui a été vécu sans que cette histoire prenne toute la place dans le présent.
C’est précisément là que mon approche ECAA peut intervenir.
Écouter, Comprendre, Accepter, Agir
ECAA est le fil conducteur de mes accompagnements.
Et dans un parcours lié au cancer, ces quatre mots peuvent prendre une résonance particulière.
Écouter
Écouter ce qui est là.
Pas ce que vous pensez que vous devriez ressentir.
Ce qui est réellement là.
La peur.
La colère.
La tristesse.
Le soulagement.
La fatigue.
L’envie d’avancer.
Et parfois plusieurs de ces émotions en même temps.
Votre émotion n’a pas besoin d’être jugée pour pouvoir être entendue.
Comprendre
Comprendre pourquoi certaines situations déclenchent encore quelque chose.
Pourquoi l’approche d’un contrôle vous noue le ventre.
Pourquoi une sensation corporelle peut immédiatement réveiller la peur.
Pourquoi vous pouvez vous sentir vulnérable alors que tout le monde vous répète :
« Maintenant, c’est derrière toi. »
Comprendre ne fait pas tout disparaître.
Mais cela permet souvent d’arrêter de se demander :
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
Accepter
Accepter ne signifie jamais aimer ce qui est arrivé.
Ni trouver cela juste.
Ni renoncer.
C’est pouvoir reconnaître :
« Oui, j’ai vécu ça. »
« Oui, cela a laissé une trace dans mon histoire. »
sans que cette trace soit obligée de déterminer tout ce qui viendra après.
Agir
Et puis il y a la vie.
Celle qui continue.
Celle que l’on peut parfois avoir besoin de réapprivoiser.
Refaire confiance à son corps.
Faire des projets.
Retrouver une activité.
Retrouver sa féminité à sa manière.
Se projeter à nouveau.
Ne plus regarder chaque sensation corporelle uniquement à travers le prisme de la maladie.
Agir, ce n’est pas revenir à celle que vous étiez avant.
C’est peut-être découvrir celle que vous êtes devenue.
Vous n’avez pas besoin d’attendre « l’après » pour prendre soin de vous
C’est probablement le message auquel je tiens le plus en ce mois d’Octobre Rose.
L’accompagnement émotionnel n’est pas réservé à l’après-cancer.
Vous pouvez être au tout début.
En attente d’examens.
En traitement.
À quelques semaines de la fin.
Ou plusieurs années après.
Les besoins ne sont évidemment pas les mêmes.
Mais dans chacune de ces étapes, il peut être utile d’avoir un espace pour vous, en complément de votre suivi médical.
Pas seulement pour parler de la maladie.
Mais pour parler de ce qu’elle fait vivre à la personne qui la traverse.
Et après ?
C’est justement la question que j’ai choisie pour la conférence que j’animerai à l’occasion d’Octobre Rose :
« Et après ? Apprivoiser les émotions et retrouver confiance en son corps. »
Mais aujourd’hui, j’aurais presque envie d’enlever le point d’interrogation.
Parce qu’il n’existe probablement pas un après.
Il y a le vôtre.
Celui qui commence peut-être pendant les traitements.
Celui qui se construit progressivement.
Avec des jours où vous vous sentez forte.
D’autres où la peur revient.
Des jours où vous avez envie de parler.
Et d’autres où vous voulez simplement vivre sans penser au cancer.
Tout cela peut coexister.
Vous n’avez pas besoin de devenir celle que vous étiez avant.
Vous avez le droit de découvrir qui vous êtes maintenant.
Et de réapprendre, progressivement, à faire confiance à ce corps qui a traversé tant de choses.
Le corps n’oublie rien, il raconte.
Besoin d’être accompagnée pendant ou après un cancer ?
Je suis Aude Jeanne, sophrologue et créatrice de la méthode ECAA – Écouter, Comprendre, Accepter, Agir.
J’accompagne notamment les personnes confrontées aux angoisses, aux bouleversements émotionnels, aux traumatismes, au deuil et aux grandes transitions de vie, parmi lesquelles peut se trouver l’épreuve de la maladie.
Mes accompagnements psycho-corporels viennent en complément du suivi médical et ne s’y substituent jamais.
Je vous reçois au cabinet à Warhem, près de Dunkerque et Bergues, et également en visioconférence partout en France.
Vous pouvez aussi découvrir mon approche à travers mon livre et mon podcast La Voix du Corps.
